DERNIÈRE MISE À JOUR : 25/02/2026

Interview de Stéphanie Devaux, aide-soignante de nuit : "La nuit, on retrouve le cœur de notre métier"

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Interview de Stéphanie Devaux, aide-soignante de nuit : "La nuit, on retrouve le cœur de notre métier"

Depuis 25 ans au sein de la maison Korian Les Parasols, Stéphanie Devaux a choisi de consacrer ses nuits au bien-être des résidents. Entre vigilance, présence rassurante et accompagnement personnalisé, elle nous dévoile les coulisses d'un métier essentiel, souvent méconnu, qui contribue pleinement à la sérénité des résidents et de leur famille. 

Un parcours riche et complet au service des résidents 

Stéphanie Devaux est arrivée à la maison Korian Les Parasols en 1999. Son parcours illustre parfaitement la diversité des métiers et la possibilité d’évolution au sein de nos maisons. « Au départ, j’ai commencé par des remplacements en cuisine, puis progressivement j’ai occupé différents postes : agent de vie sociale, entretien, référente en salle, remplacements de nuit, puis dans les soins », explique-t-elle. 

C’est finalement vers le travail de nuit, de 21h à 7h du matin, qu’elle a choisi de se tourner définitivement. « J’ai passé mon diplôme d’aide-soignante l’année dernière grâce au dispositif de validation des acquis de l’expérience (VAE), avec l’accompagnement de l’Université Clariane ». Aujourd’hui aide-soignante diplômée depuis un an, elle est également membre du CLUD (Comité de Lutte contre la Douleur) de l’établissement, ce qui lui permet de transmettre aux équipes de nuit l’ensemble des bonnes pratiques mises en place. 

La nuit : un choix pour mieux prendre soin 

Qu’est-ce qui vous a motivée à choisir spécifiquement le travail de nuit ? 

« C’est d’abord par le biais de remplacements que j’ai découvert le travail de nuit. Ce qui m’a convaincue, c’est la possibilité d’offrir une meilleure prise en soin aux résidents. La journée, les équipes manquent parfois de temps face aux nombreuses tâches à accomplir. La nuit, nous avons davantage de disponibilité pour être à l’écoute, rassurer, prendre le temps d’échanger », confie Stéphanie. « Les nuits se suivent mais ne se ressemblent jamais », souligne-t-elle. 

Selon vous, qu’est-ce qui différencie le travail de nuit du travail de jour ? 

« La journée, c’est beaucoup d’accompagnement des résidents dans les activités quotidiennes. Le soir, le lien est différent. Je prends le temps de discuter avec les résidents lorsqu’ils ne dorment pas. Nous sommes aussi beaucoup plus polyvalents la nuit : nous assurons notre rôle d’aide-soignante, mais également une partie des tâches infirmières, dans le cadre de nos fonctions et sous sa délégation.  Nous veillons aussi au bon fonctionnement et à la sécurité du bâtiment. C’est à nous de prendre en charge l’ensemble des situations et de décider s’il est nécessaire de contacter d’autres acteurs. » 

À la maison Korian Les Parasols, trois aides-soignantes veillent sur 89 résidents chaque nuit, dont une dédiée à l’espace de vie protégée. « Nous pouvons nous appuyer sur l’entraide entre collègues. Au moindre doute, à la moindre hésitation, nous appelons le 15. Nous pouvons également nous appuyer sur le soutient de l’astreinte de l’établissement en cas de situation importante. » 

Les moments clés d’une nuit 

Quels sont les rituels importants au cours d’une nuit en EHPAD ? 

« Le moment le plus important, c’est le premier passage dans chaque chambre pour voir tous les résidents avant la nuit. Nous nous assurons que chacun est bien installé, confortablement positionné. Pour ceux qui ne dorment pas encore, nous prenons le temps d’échanger. Alors quand un résident n’a pas le moral, je n’hésite pas à rester avec lui pour discuter, le temps qu’il faut. » 

Ce premier tour inclut également la distribution des médicaments préparés par les infirmières ainsi qu’une collation de nuit pour ceux qui le souhaitent. « Nous bénéficions d’une formation régulière avec l’infirmière coordinatrice pour garantir la bonne administration des traitements. » 

Au total, quatre passages minimums rythment la nuit : un premier tour entre 21h et 22h, un deuxième entre 00h et 1h, un troisième vers 3h du matin principalement auprès des résidents présentant un risque de chute ou nécessitant une surveillance particulière, et un dernier à 5h du matin. « Certains résidents ne souhaitent pas que l’on passe par crainte d’être réveillé. Dans ce cas, c’est l’équipe de jour qui passe lors du petit-déjeuner à 8h30. Nous respectons toujours les choix de chacun. »

Une relation différente avec les résidents 

Comment percevez-vous la relation avec les résidents la nuit : est-elle différente qu’en journée ? 

« Je me sens plus proche des résidents la nuit, psychologiquement et affectivement. J’ai plus de temps pour eux. Les résidents n’ont pas toujours la même attitude, le même comportement le jour et la nuit. Ils sont moins sollicités le soir, plus tranquilles, seuls dans leur chambre. Certains au contraire sont plus stressés la nuit et donc plus en demande.  Prendre le temps de les rassurer, de leur apporter un confort, ça fait partie de mon rôle. » 

Pour les résidents sujets à de l’anxiété, Stéphanie peut s’appuyer sur des activités flash et des outils spécifiques : « Nous utilisons par exemple la poupée d’empathie, des massages pour les mains, des balles sensorielles, de la musique douce, des éléments à toucher pour aider la personne à penser à autre chose. Il y a un réel accompagnement et un savoir-faire. » 

Les aides-soignantes de nuit sont également impliquées dans les projets personnalisés des résidents. « Je participe aux bilans en amont et fais part de mes retours. Tous les projets personnalisés me sont envoyés et si je souhaite intervenir, j’informe la psychologue et l’infirmière coordinatrice. » 

Sécurité et dispositifs d’accompagnement 

Pour garantir la sécurité et le confort des résidents, plusieurs dispositifs sont en place : « Les résidents disposent d’un appel-malade près de leur lit et dans la salle de bain. Pour les personnes qui bougent beaucoup la nuit, nous mettons en place des coussins de positionnement, et uniquement pour les résidents ne pouvant se lever seul, le lit peut être placé au plus bas et des matelas sont installés autour du lit pour amortir une éventuelle chute. Pour certains résidents qui en ont eu la prescription, des barrières de sécurité peuvent être installées. » 

En unité de vie protégée, la surveillance est renforcée : « Il faut bien connaître les résidents présentant des troubles cognitifs pour anticiper les troubles du comportement liés à la déambulation, aux pertes de repères ou à certaines phases d’agitation et apporter une réponse adaptée et sécurisante. Quelqu’un doit constamment être présent dans l’espace pour avoir un point de vue général et que ce soit au maximum sécuritaire, notamment du fait de la déambulation. » 

Coordination et continuité des soins 

Comment se passe la coordination avec l’équipe de jour ? 

« Les transmissions se font à notre arrivée le soir et avant notre départ le matin. Nous échangeons sur les entrées, les départs, les résidents à surveiller particulièrement, ce qui a été observé durant la journée et durant la nuit. Lors d’un événement particulier, nous faisons une transmission écrite pour assurer un suivi. L’équipe de jour est très proche de nous et disponible quand nous en avons besoin. » 

Même pendant leurs temps de pause, les aides-soignantes de nuit ne quittent jamais l’établissement. « Nous restons toujours aux aguets et nous ne prenons jamais nos pauses en même temps. Enfin, ces pauses ne sont jamais prises sur les temps qui rythment les différents passages. » 

Les compétences essentielles 

Quelles compétences vous semblent essentielles pour travailler de nuit en EHPAD ? 

Sans hésiter, Stéphanie énumère : « L’empathie, la disponibilité, la polyvalence, l’autonomie, la réactivité. Il faut aussi que son corps le permette, ce n’est pas un rythme simple, il faut pouvoir se reposer correctement entre deux nuits. » 

Quels messages aimeriez-vous transmettre pour mieux faire connaître et valoriser le travail de nuit en EHPAD ? 

« J’ai choisi le travail de nuit car je me sentais apte à gérer toutes les urgences qui peuvent survenir, de manière à assurer la sécurité des résidents tout au long de la nuit. Il est important de bien connaître les résidents pour savoir si une situation est urgente ou non. Je suis en contact avec les familles et je les incite à appeler la nuit s’il y a la moindre inquiétude. » 

Et d’ajouter, à l’attention de ses (futurs) collègues : « Si vous en êtes capables et que votre corps le permet, essayez la nuit. On y retrouve le cœur de notre métier : la sécurité, la bienveillance et de la sérénité. » 

 
Merci à Stéphanie Devaux pour son témoignage précieux, qui nous rappelle que l’accompagnement dans nos maisons ne s’arrête jamais, et que chaque membre de nos équipes contribue, jour et nuit, au bien-être des résidents. 

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